Rubriques

>> Toutes les rubriques <<
· DOCUMENTS D'AIDE OU VIERGES (11)
· BESOINS FONDAMENTAUX (18)
· ACCOMPAGNEMENT (10)
· TECHNIQUES (8)
· ALIMENTATION (10)
· L'AUTONOMIE et LA PERSONNE (9)
· DEMARCHE DE SOINS (8)
· MEDICAMENTS (6)
· TRANSMISSIONS (1)
· CHARTES ET LOIS (5)

Rechercher
Derniers commentaires Articles les plus lus

· L'ENNEMI TEMPS !!!
· LA PERSONNE : LA GROSSESSE
· PLANIFICATION DES SOINS VIERGES POUR MSP
· MA TECHNIQUE POUR PROPOSER A BOIRE !
· LA PERSONNE

· RECUEIL DE DONNEES DOC VIERGE
· PLANIFICATION DES SOINS VIERGES POUR MSP
· LE PROJET D'ANIMATION
· LA PERSONNE : DE LA NAISSANCE A L'ENFANCE
· TRAME VIERGE ANIMATION
· PRESENTATIONS BREVES DOC AIDE
· LES REGIMES SUR PRESCRIPTION MEDICALE
· GIR ET AGGIR
· LES 14 BESOINS FONDAMENTAUX + 1
· PYRAMIDE DE MASLOW

Voir plus 

Abonnement au blog
Recevez les actualités de mon blog gratuitement :

Je comprends qu’en m’abonnant, je choisis explicitement de recevoir la newsletter du blog "chatdomino2" et que je peux facilement et à tout moment me désinscrire.


Statistiques

Date de création : 01.11.2011
Dernière mise à jour : 07.08.2017
104 articles


LA NOTION D'ACCOMPAGNEMENT

Publié le 08/02/2017 à 10:51 par chatdomino2

Qu'est-ce que l'accompagnement ?

Première question... qui en donne beaucoup d'autres :

  • Comment souhaiterais-je être accompagné en cas de besoin ?
  • Accompagner Est-ce soigner ? Ou soi-nier pour un soi-niant !
  • La motivation est un moteur unique, mais quelles sont les motivations de chacun ?
  • Quelles sont les différences entre accompagner, guérir, aider, stimuler, guider, éduquer, solliciter ...
  • A quel point "je suis soignant, je possède le savoir, alors j'ai le pouvoir !" peut-il perturber l'accompagnement ?
  • A quel point mes propres peurs peuvent péjorer mon accompagnement ?

Rôle de l'accompagnant auprès du patient(qu'Est-ce qu'il est moche ce mot patient !)

Disons l'Homme ! Il s'agit d'un sujet qui pense, qui ressent des émotions, qui a des désirs, des interrogations philosophiques, spirituelles... Un sujet qui a des gènes, une histoire, des expériences... ce qui fait de lui un être unique (comme nous tous) a qui nous devons la reconnaissance de son unicité !

 

Ainsi, respecter la LIBERTE de la personne. Accompagner c'est marcher à ses côtés, ne pas le précéder, rester au rythme de ses pas...

  • Attention à ne pas laisser nos filtres faire voile avec les attentes de la personne,
  • Attention à ne pas avoir peur... nous allons sur-sécuriser la personne et lui faire perdre son autonomie,
  • Attention a ne pas se sentir dans la toute puissance du fait de notre métier, le risque est de "présumer", "supposer", "supputer", des besoins qui ne sont pas réels,

Avoir la bonne attitude à la communication :

Pour qu'une attitude soignante soit adaptée (voire "juste"), il faut rentrer dans ce que nous appelons LA RELATION D'AIDE. Montrer vos ATTENTIONS, votre CONSIDERATION de façon adaptée.

Le verbal :

  • Vérifier que nous avons bien reçu la demande : si besoin reformuler,
  • Questionner pour éclaircir les propos,
  • Explorer et observer le non-dit, le langage non verbal de la personne aidée,
  • Avoir une tonalité de voix conforme à la situation...

Le non verbal :

  • Veiller a poser votre regard sur la personne de façon attentive,
  • Avoir une attitude physique qui indique votre intérêt pour elle,
  • De même, une attitude physique d'ouverture à la communication (se mettre à la hauteur de la personne, ouvrir les mains...),
  • Utiliser le toucher si cela ne gène pas la personne.

 

Rechercher la bonne distance :

On parle de distance professionnelle, de distance affective, d'empathie... voici des termes très facile a admettre intellectuellement mais combien c'est compliqué FACE à FACE avec la personne.

La distance professionnelle se définirait plutôt comme une attitude qui met une frontière entre nous et la personne aidée. Cette frontière se visualise très bien avec LA BLOUSE !!! La personne soignée n'est ni un parent, ni un ami proche. Nous lui devons respect et attitude professionnelle... sans parler du SECRET professionnel qui est obligatoire.

 

La distance émotionnelle se situe dans un univers plus compliqué, celles de nos émotions, de nos propres vécus. Avec certains patients... et plusieurs fois pendant notre parcours professionnel, nous ferons des transferts... ces effets miroirs du patient qui nous ressemble un peu, en qui nous nous voyons ou de celui qui ressemble tant à Papi Augustin. La distance professionnelle peut être mise, mais vous serez "touchés" émotionnellement. Avec le temps, nous apprenons a nous reconnaître dans ces transferts, a mettre la juste distance toute en restant humaniste. Mais quelques larmes seront versées malgré tout. Pour être un soignant SAIN, ces larmes doivent cesser en sortant de l'établissement !

 

Et l'empathie !!! Tant de définitions.

  • Ce n'est pas de la compassion (du latin cum patior... je souffre avec),
  • Ce n'est pas de la pitié (sentiment de douleur pour les peines d'autrui issu du latin piéta qui donne la piété pour le Christ sur sa croix),
  • Ce n'est pas de la commisération (Action d'induire de la pitié),
  • Ce n'est pas de la peine (du latin puéna ou punition !),
  • Ce n'est pas de l'altruisme (bonté, voire vénération envers autrui),
  • Ce n'est pas de l'allocentrisme (les autres sont plus importants que vous),
  • Ce n'est pas de la générosité,
  • ... l'empathie lui-même en grec signifie qui se tourne vers la souffrance de l'autre.
  • ALORS C'EST QUOI ?

Je définirais (c'est ma def ! OK !) : L'empathie est l'intention de PERCEVOIR les émotions de l'autre, de chercher ce qui peut les engendrer (sinon c'est du pur voyeurisme), tout en sachant que les émotions de l'autre ne nous appartiennent pas.

 

Accompagner c'est aussi accepter le silence !

Il fait peur le silennnnnnnnnnce ! Pourtant il est un élément important de la communication. C'est un moment où la personne se recentre sur ses pensées, ses émotions avant de pouvoir les exprimer, un moment qui sert aussi a intégrer correctement des informations. En laissant une place au silence dans notre propre discours, nous laissons une place à la parole de l'autre.

(Bien placée pour le dire... hyperactive intellectuelle, quand je commence à l'ouvrir... je la ferme plus... et j'oublie que l'autre a peut-être aussi besoin de parler, poser une question, s'affirmer...)

 

 

Accepter les attitudes de "défense" :

Dans toute relation et surtout en début de relation, nous mettons tous en œuvre des mécanismes de défense : distance physique, regards, position du corps... nous attendons : "suis-je en danger ?".

Ces attitudes seront utilisées par le soignant, le soigné, l'équipe, la famille.....

Créer une relation de confiance est donc essentielle :

  • Avoir une attitude juste, professionnelle,
  • Avoir un langage professionnel mais adapté au niveau de compréhension de l'autre,
  • Etre authentique (le mensonge est comme un parfum qui tourne sur la peau, il pue à 10 000 !),
  • Etre dans l'information (sans dépasser le secret professionnel),
  • Avoir une attitude "solide" et fiable afin d'être un soutien pour la personne fragilisée,
  • Banir à jamais : grossièreté, vulgarité, menace, mensonges, non-dits... il s'agit là de MALTRAITANCE. Mieux vaut dire honnêtement "Je ne sais pas, je vais me renseigner !" que dire des Co.....ries !
  • Avoir une attitude parfois ferme mais juste pour sécuriser l'autre sur les limites a ne pas franchir (humaines, sécuritaires, institutionnelles... toutes les limites restent rassurantes souvent).
  • ...

Toutefois, certains comportements peuvent parfois être délicats :

  • L'agressivité verbale ou physique : qui sont souvent en lien avec de la douleur, un phase de deuil, l'incompréhension, la difficulté cognitive d'un patient qui ne "comprend" pas le soin et votre rôle : passez le relai, passez plus tard, discutez sans hausser la voix... et surtout n'oubliez pas ! Le patient ne vous en veux pas à VOUS individu, mais à votre BLOUSE et ce qu'elle représente !

  • La régression : Retour vers un état antérieur du développement psychique, la personne va montrer un besoin de "maternage"... aie aie aie l'autonomie !!! Toutefois, les signes d'a-réactivité, d'abandon font que vous ne pouvez pas "faire" à la place de... il faut travailler sur le temps et l'estime de soi, la valorisation et les éléments de motivation de la personne.
  • La colère retournée contre soi : le patient va se flageller mentalement, psychiquement voire... physiquement. Cela peut mener au suicide ! Il vous faudra être hyper vigilent sur les actes de cette personne, éviter son isolement, en parler rapidement à un médecin et à l'équipe.
  • La fuite : "J'ai déjà fais ma toilette, tout va bien !" et au bout d'une semaine les cheveux tiennent droit sur la tête ! Explorez en premier lieu la notion de mémoire à court terme (démence), puis la pudeur, puis la honte d'être fragilisé, les valeurs et croyances...
  • La fugue : surveillance accrue bien sur car la personne risque de se mettre en danger. Souvent l'aide de la psychologue, de la famille et de l'équipe entière sera nécessaire,
  • ...

Ne pas juger :

Cela semble si évident qu'un professionnel soignant ne soit pas dans le jugement ! Mais que ferez vous lorsqu'on vous demandera d'apporter la collation post opératoire du patient issu du carcéral qui est venu se faire arracher les dents de sagesse ? "En plus j'ai entendu dire qu'il est pédophile !!!"

........................................ TEMPS DE REFLEXION.............................

Et oui... vous jugerez... la première fois ! Le but est de faire la distinction entre prendre soin de quelqu'un, juger ses actes ou son être, accepter ce qu'il est et ce qu'il a fait !

Non, la pédophilie n'est pas acceptable. Mais Est-ce notre rôle à nous de le juger ? Oui il contrarie nos valeurs profondes. Mais il a mal, il est venu pour être soigné de ses dents ! Votre attitude doit rester identique a celle que vous avez pour tous ! Et en plus vous devez garder le secret professionnel alors le "Et en plus j'ai entendu qu'il est pédophile !" n'a rien a faire dans votre bouche ! (Ma grand-mère vous aurait fait laver les dents au savon noir !!!).

 

Et puis n'oubliez pas... le patient dont la famille ne vient jamais... connaissez vous son histoire ? Le détenu qui vient se faire soigner et qui est un assassin... et si on vous avait tué votre enfant, ne pourriez vous avoir vous même tué par colère et besoin de vengeance ???? Posez vous les bonnes questions !

 

Les différents types d'accompagnement :

  • L'accompagnement : il s'agit d'être présent, simplement, être avec la personne, attentif a ses besoins mais sans faire pour lui !
  • L'aide partielle ou totale : sont des aides techniques, des actes que vous faites selon les "manques" de la personne.
  • La stimulation, la sollicitation : aide relationnelle par laquelle vous impliquer le patient dans ses auto-soins en l'encourageant,
  • La guidance : aide relationnelle et gestuelle... par effet miroir ou en montrant de vos gestes, vous guidez le patient dans ses auto-soins.
  • Le soin palliatif : Il s'agit là de faire les soins de confort, en douceur, pour une personne qui souvent est dépendante totalement avant sa fin de vie. Attention, même avec un pronostic vital très entamé, des patients font leurs auto-soins longtemps seuls !

 

Bref, l'accompagnement est pour moi un ART. La mise en place de son authenticité humaniste personnelle au service du bien être de l'autre - de ses capacités de communications - de ses savoirs faire et savoirs...

Un bon soignant est avant tout un soignant intelligent qui saura se remettre en question, s'adapter à chaque personne, observer et collaborer avec le patient avant tout...

 

 

Sandra GIGUET